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Mon accouchement à Sainte Justine

Écrit par Cindy Chou

Comme mentionné précédemment dans l’article sur le troisième trimestre, il était important pour moi de savoir un peu où j’allais mettre les pieds avant de faire sortir le mini-chou. Malheureusement, aucune visite de l’unité des naissances n’a lieu à Sainte Justine. Cependant, nous connaissions déjà l’endroit pour avoir été aux urgences pour femmes enceintes quelques fois (Allez on essaie la nouvelle machine pour faire des échos???).

  • Les semaines avant l’accouchement

À partir de la 37ième semaine de grossesse je voyais vraiment la gynécologue toutes les semaines. À partir de 38 semaines, elle a commencé le stripping. Chaque fois que je retournais la voir, il n’y avait aucune évolution…à partir de 39 semaines, les douleurs supportables de la grossesses sont devenues difficiles à gérer, et je commençais à désespérer un peu, surtout que je voyais toutes les mamans de mon groupe facebook accoucher mais pas moi! À 40 semaines de grossesse, je suis devenue péri-mai (bébé de mai, tu vois le jeu de mots??), et c’est là qu’on a tout essayé pour aider à la sortie du bébé, même l’acupuncture. Et bien je dois vous dire que ça a beaucoup fait avancer mon travail!! Cependant, ce n’était pas assez… Déclenchement programmé pour la semaine suivante, avec échographie de contrôle dans quelques jours, mais je gardais encore espoir. Après plusieurs jours de latence, qui nous ont valu deux nuits blanches et un séjour à l’hôpital à 4h du matin (Contractions aux 3min, mais toujours fermée comme une huître!), le jour du débarquement est arrivé.

  • Le jour J

Je me sentais fiévreuse depuis environ 1h, et bingo ça n’a pas loupé je faisais de la fièvre. Après avoir appelé l’unité des naissances, ils m’ont dit de venir pour contrôler tout ça. On part donc à pieds, en claquettes avec juste un sac à main (YOLO). Après 1h aux urgences, ils décident que le travail est suffisamment avancé et que le risque d’infection due à ma température est trop grand :”Madame, vous restez ici ce soir, vous allez avoir votre bébé”. Direction, la toute nouvelle unité des naissances,avec du beau matériel neuf, une salle d’accouchement vraiment confortable et une grande baignoire. Le temps pour le futur papa d’aller à la maison, et de revenir avec notre valise, on commence à me brancher à plein de fils et à monitorer le coeur du bébé et mes contractions. Après avoir souffert juste 6h, j’ai décidé de prendre la péridurale parce que ça fait trois jours que j’ai des contractions quand même… Après de multiples péripéties, on finit par m’accoucher en césarienne. L’opération a duré 45 min, pour moi ça a duré juste 5 min. Je me souviens que tout était blanc, je me souviens du cri étouffé de mon bébé et de ce que ça m’a fait ressentir, mais après c’est le vide intersidéral. Heureusement papa est là pour s’assurer que tout se passe bien. Juste le temps d’entrapercevoir mon bébé, il file aux soins intensifs avec son papa et moi je retourne dans le monde des bisounours médicamenté.Je n’ai donc pas pu avoir mon bébé, ni mon conjoint en salle de réveil mais ma gentille infirmière Jessica qui avait fini son service est restée un peu avec moi. Jessica, si tu lis ce message merci pour ta bienveillance et ton support!

  • Les 2 jours et demis à l’hôpital

Une fois sortie de la salle de réveil, on m’a directement transférée dans ma chambre semi-privée dans une ancienne aile de l’hôpital. Qui dit ancienne aile, dit chambre vétuste (et pas de climatisation…) avec une télé probablement plus vieille que moi, mais on va s’en dire que regarder la télé était la dernière de mes préoccupations. Mon temps libre en solo, j’en ai profité pour… ben non pas dormir ! J’avais les yeux rivés sur mon téléphone pour avoir des nouvelles de mon bébé. De plus, le personnel médical passait souvent car j’étais branchée de partout à cause de l’infection et de la césarienne. Je n’ai pas trouvé dérangeant de les voir venir, elles étaient là aux trois heures, de jour et une ou deux fois la nuit. C’était pas facile pour moi de devoir rester clouée au lit et de ne pas pouvoir aller voir mon bébé. Mais la présence des infirmières a rendu l’attente moins difficile. Heureusement à midi, dopée aux antidouleurs je me suis levée de mon lit pour aller au fauteuil dans le coin de ma chambre et retourner dans mon lit avec mon infirmière… On m’a apportée en fauteuil roulant à la pouponnière pour allaiter mon bébé et retrouver mon conjoint, et à 16h j’y allais en marchant à la grande surprise de papa chou. Minuit, le petit chou est avec nous et ne quittera plus jamais mes bras jusqu’à notre sortie de l’hôpital. Je vous raconte pas les nuits de merde… Si j’avais su comment se passait la deuxième nuit… Et bien, je n’aurais rien pu faire de plus de toute façon! Nous avons pris des rondes avec le papa pour dormir 4h chacun. Et ça pu nous permettre de nous reposer. Au Québec (ou tout du moins à Sainte Justine), le papa reste avec nous pendant le séjour à l’hôpital lorsque l’on a une chambre privée. Cet aspect est vraiment bien parce que c’est plus facile de vivre ses nuits difficiles à deux que toute seule, surtout après une césarienne. Il a un fauteuil deux places qui peut se convertir en lit, plus confortable qu’un simple fauteuil ou le carrelage! Le temps est malgré tout passé très vite durant ses deux jours rythmés par les allées et venus des gens qui me servent à manger. Les infirmières ne passaient plus pour me donner des médicaments, j’étais passée à l’auto-médication. Elles restaient disponibles pour moi, pour m’aider à sortir du lit si j’étais seule, changer le bébé ou vérifier les positions pour allaiter. Le personnel médical est aux petits soins avec nous, tout nous est expliqué et je peux demander de l’aide en tout temps de jour comme de nuit. La proximité entre notre appartement et l’hôpital a permis à Olivier de pouvoir rentrer à la maison pour se chercher de quoi manger et aller saluer notre vieux grincheux (aka Cheeto).

  • Le dernier jour

Avant de partir, le bébé a du subir toute une batterie de test auditifs, sanguins, et tellement que je ne saurais vraiment pas dire quoi parce qu’après deux jours sans dormir, on oublie vite ce qu’on nous dit. Avant de prendre congé nous tenions absolument à ce que l’infirmière viennent nous montrer comment donner un bain au bébé (mais pourquoi???), et nous avons eu droit à un petit discours sur le syndrome du bébé secoué et quelques stratégies pour éviter de perdre son sang froid. Notre siège auto est vérifié par une infirmière, ce qui est obligatoire. Nous ne pouvons pas quitter l’hôpital sans s’assurer que le bébé a bien été installé et attaché. Ce qui est un peu inutile dans notre cas, car nous repartons à pieds de toute façon…Mais c’était rassurant de savoir qu’il était bien attaché. Olivier rentre à la maison avec nos valises à peine ouvertes (En vrai nous avons été nus le bébé et moi pendant les deux jours…) et oublie de me laisser mes vêtements de rechange, donc je repars de l’hôpital en chemise de nuit et chaussons (re-YOLO).

Ça y est, on est à la maison, et maintenant on fait quoi?????

 

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Cindy Chou

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