Maman au Québec

Devenir parents

Écrit par Cindy Chou

Aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours voulu des enfants, l’envie c’est confirmée lorsque j’ai rencontré mon amoureux. J’allais passer ma vie avec lui et nous allions fonder une famille ensemble, aucun doute là dessus. Je le disais même à mes amies juste après quelques semaines de fréquentation… Un peu présomptueux, mais je suis bien contente d’avoir eu raison. Du haut de mes 20 ans, je voyais la parentalité comme une jolie butte fleurie à franchir, main dans la main avec mon cher et tendre. Sautillants de joie, et respirant de bonheur. À mon grand désarroi, la réalité s’avère quelque peu différente. Au lieu d’une jolie butte facile à franchir, la parentalité relève plus de l’escalade du monde Everest où mon partenaire et moi-même nous relayons l’un l’autre pour garder le peu de souffle qu’il nous reste afin d’arriver au sommet.

Devenir parent malgré tous les bonheurs que cela comporte a également un effet dévastateur sur l’amitié. On sait tous ô combien il est difficile de se faire des amis lorsqu’on est adulte, qui plus est loin de notre ville d’origine. Pourtant, ces amis sont essentiels à notre vie que l’on soit parents ou non. La parentalité arrive comme un tsunami sur la plage de l’amitié où seuls les plus vaillants survivent. Ceux qui tiennent vraiment à nous. Ceux qui partagent notre vision de la parentalité. Ceux qui font l’effort d’essayer de nous comprendre, et d’éprouver de l’empathie pour nous.  En plus de devoir faire le deuil d’une vie à deux, et de nos moments de tranquillité, être parent, c’est aussi souvent devoir faire le deuil de nos amis. Aujourd’hui je m’estime chanceuse d’avoir pu garder une amie maman Montréalaise précieuse. Malgré le fait que je me sente un peu triste d’avoir perdue des amies pour lesquelles j’avais beaucoup investi de ma personne en croyant que cette fois-ci ce serait la bonne, j’ai réussi à relever la tête hors de l’eau et me rendre compte que je suis bien entourée. J’ai accepté que je ne pouvais pas continuer à rester amies avec toutes les personnes que je côtoyais avant, et j’ai surtout réalisé que je recevais déjà tout l‘amour dont j’avais besoin auprès de mes trois chéris. C’est une fois que j’ai passé cette étape de ma vie que j’ai ouvert la porte à d’autres personne et j’ai même eu la chance de rencontrer de nouvelles mamans pleines de bienveillance et d’amour.

Devenir parent s’est aussi devoir me battre chaque instant pour ce que je sais être le meilleur pour mon enfant. Fatiguée d’être critiquée dans mes choix et jugée au mieux excentrique au pire stupide par ces autres parents qui pensent savoir tout mieux que moi. Fatiguée de tous ces commentaires malaisants sur mon bébé, il est difficile, il me manipule, il est si, il est ça. Même les gens sans enfants (ou ceux qui en ont eu ils y a très longtemps) se permettent de nous critiquer et parfois même de manière abrupte et violente… Jamais je n’aurais cru subir de tels moments de manque de respect dans ma vie. Être parent, c’est aussi devoir faire preuve d’une patience extrême, et pas toujours uniquement envers ses enfants.

La première étape pour devenir parent, c’est de se rendre compte que la parentalité ne ressemblait en rien à ce que l’on imaginait. Malgré cette désillusion frappante, je suis plus qu’heureuse de m’être lancée dans cette aventure. J’aime découvrir de nouvelles choses, c’est ce qui m’a poussée à venir vivre dans mon pays d’accueil après tout. J’ai finalement accepté que personne ne peut nous préparer à cette étape de notre vie. Des chamboulements, il y en a tellement d’autres qui arrivent au moment où l’on devient parent, et les lister serait bien trop long. Mais devenir parent pour moi c’est avant tout la plus belle et la plus éreintante des opportunités que la vie m’a offerte. Elle engendre de grandes responsabilités qui peuvent peser lourds sur nos épaules mais s’envolent le temps d’un bisou. En devenant maman, j’ai grandi à mon tour et j’ai forgé une nouvelle personne très différente de ce que j’étais il y a tout juste deux ans. Jamais je n’aurais cru mon cœur capable de survivre à cette montagne russe d’émotions et de fatigue. Petit à petit l’oiseau fait son nid, et la maman aussi.

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Cindy Chou

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