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Mon suivi de grossesse au Québec, le premier trimestre

Écrit par Cindy Chou

Ca y est, j’ai enfin le temps de me lancer dans mes articles sur ma grossesse au Québec. Chaque article sera le plus détaillé possible afin que toutes les futures mamans qui commencent leur grossesse au Québec, et qui n’ont aucune idée de ce qui se passe puissent en savoir un peu plus sur le suivi, et soient un peu moins perdues. J’ai divisé l’article en plusieurs sections : Santé, Corps, Moral, Bébé et to-do list du trimestre.

Santé – Suivi médical à l’hôpital Sainte-Justine

Apprendre que je suis enceinte, le fameux test – Il y a eu un déclic un dimanche matin, où je mangeais un brunch avec Olivier et j’ai eu envie de vomir quand j’ai vu les champignons. C’est exactement là que j’ai compris que j’étais enceinte! Le test a eu lieu une semaine plus tard, je ne voulais pas acheter un truc pas cher au dollarama de peur que ça ne fonctionne pas, alors direction la pharmacie et 20$ plus tard je partais avec mon test à la main.

Les démarches pour protéger mon bébé à cause de mon métier – Je suis chimiste, et même si je ne suis pas docteure je savais que ça n’étais pas complètement compatible avec la grossesse. Après avoir fait le test, j’ai mis au courant mes supérieurs hiérarchiques et entamé les démarches pour protéger mon bébé et continuer à travailler. Donc oui, tout le département de chimie le savait avant ma mère…

Un suivi différent de la France – Au début, les faibles connaissances que j’avais en matière de grossesse me provenaient de la France. Cependant, le suivi au Québec est complètement différent. Pas le même décompte des semaines, aucune prise de sang, les échographies de datation plus tard etc. Il a donc fallu que je me renseigne sur le suivi au Québec.

Commencer mon suivi de grossesse au Québec – Une fois que j’ai appris que j’étais enceinte, je suis allée voir une infirmière à la clinique qui m’a parlé des différentes possibilités de suivi, et j’ai appelé le premier hôpital sur ma liste. 5 min après, j’avais trouvé l’endroit pour faire mon suivi de grossesse, ce sera : l’hôpital Sainte-Justine. Premier rendez-vous dans 3 mois (12 SA)! Il se peut que vous ayez un rendez-vous plus tôt (entre 8 et 12 SA), dépendamment de l’endroit où vous faites votre suivi. Dans mon cas, pas de bol, j’ai vraiment dû attendre les 3 mois.

Les restrictions des femmes enceintes – Étant donné que le premier rendez-vous se situe un peu tard selon moi, il a fallu que je me renseigne moi-même sur les restrictions des femmes enceintes autant alimentaires que médicales. En parcourant le mieux vivre (en version électronique car la version papier est donnée au premier rdv de suivi), il a été très facile de se rendre compte de toutes les choses que l’on devait éviter, et les démarches à suivre si on tombe malade. Ouf une inquiétude de moins! En cas de doute, il y a toujours le 811!

Aller voir un médecin généraliste en clinique – Étant enceinte, notre système immunitaire s’affaiblit beaucoup, et j’ai réussi à choper une bonne rhino pendant 1 mois et demi! Je suis donc allée à la clinique dès les premiers symptômes car je me sentais plus rassurée vis à vis du bébé afin d’éliminer la grippe de la liste des suspects. J’en ai profité pour me faire prescrire des vitamines, et des anti-nauséeux car impossible d’attendre les 3 mois de suivi avant de me les faire prescrire. Si je n’avais pas été malade, je serais quand même allée à la clinique juste pour les prescriptions de vitamines car je ne savais pas encore à quel point le diclectin allait me sauver la vie.

Le premier rendez-vous de suivi à Sainte-Justine – Ce premier rendez-vous se déroule en trois étapes : 1/ Rencontre avec une infirmière spécialisée en gynécologie, 2/ Écho de datation et 3/ Prise de sang et prélèvement d’urine. Étape 1 : Je ne savais pas à quoi m’attendre pour cette étape, qui a duré environ 45 min. Pour commencer, l’infirmière a posé beaucoup de questions sur mes antécédents médicaux. Ensuite elle m’a expliqué la procédure de suivi de grossesse à Sainte Justine, donné les prescriptions pour les examens à venir (Prises de sangs, échographies et tout le toutim), donné ma bible de maman (aka le Mieux Vivre) et attribué une gynécologue qui me suivra à la clinique Beaumont (pas à directement à l’hôpital Sainte-Justine mais à 25 min de là). Ensuite est venu le temps des prélèvements, une fois terminés je pensais me rhabiller, mais … “Maintenant on va écouter le coeur du bébé”. Je ne savais pas que j’allais devoir vivre ça aujourd’hui… J’ai pleuré avant même de l’entendre, je l’aimais déjà tellement mon petit bleuet et j’avais peur qu’il soit parti avant même de l’avoir rencontré à cause d’une potentielle exposition aux produits chimiques. Heureusement je me suis trompée, il était bien là mon bébé! Une fois après avoir quitté l’infirmière, j’appelle Olivier en pleurs qui s’attend au pire…  Le pauvre… “J’ai entendu le coeur du bébé. il est là, on va voir un bébé!”. Étape 2 : Nous avons à peine attendu 15 minutes avant de pouvoir faire l’écho. Cette deuxième étape de l’écho a été moins intense en émotions que la première, car je savais qu’il était là, mais on était tellement heureux d’avoir ce petit bout de papier pour nous rappeler que nous allions devenir parents. La deuxième étape permettait de dater l’âge du foetus, ainsi que de poser un premier diagnostic dans le dépistage pour la trisomie 21 (qui n’est pas obligatoire). Étape 3 : Cette troisième étape s’est déroulée dans le centre de prélèvements pour femmes enceintes de Sainte-Justine, je ne sais pas si ce centre existe uniquement pour cet hôpital mais en tout cas j’ai apprécié de n’avoir à attendre que 10 min après mon arrivée pour faire mes prélèvements et enfin rentrer chez moi. Les résultats de tous les prélèvements effectués à chaque étape sont directement transmis à la (ou au) gynécologue-obstétricienne. Au Québec, on n’est appelé pour avoir des résultats que s’il y a un problème!

Corps – Ce corps qui change, ou les fameux symptômes de la grossesse

Les nausées, les vomissements, les reflux et les réticences alimentaires – Souvent les femmes qui tombent enceintes s’en rendent compte à cause des nausées qui pointent le bout de leur nez, et dans mon cas ça n’a pas loupé! Ça a été l’indice qui m’a mis la puce à l’oreille. Cependant, ces nausées m’ont beaucoup empêché de fonctionner au début. Il fallait que je m’allonge parce que je me sentais mal, je mettais 30 min à manger mon yaourt, et j’avais du mal à préparer les repas à cause de mes nouvelles réticences alimentaires. Laver la salade? Vomi… L’odeur des épinards? Vomi… La noix de coco? Miaaaam (Je déteste ça en tant normal…). Heureusement, je me suis fait prescrire du diclectin pour aider à soulager les nausées lors de mon rendez-vous à la clinique.

La fatigue intense – Un autre symptôme très courant rencontré par beaucoup de femmes et la fatigue incontrôlable. Je dormais au moins 10h/jour et je devais faire une à deux siestes. Ces sieste en journée ont complètement mis à mal mon cycle de sommeil, et je ne pouvais pas m’empêcher de dormir… Je me suis rendue compte que c’était dû au diclectin pris en journée qui cause ces somnolences. Après un petit recalibrage, mon sommeil est revenu à la normale.

Les hormones dans le tapis – Je suis d’une nature très sensible, et j’étais à fleur de peau pendant ce premier trimestre (et même durant toute la grossesse en général). Des pleurs pour rien : Je t’aime tellement fort mon chéri, le petit chat a toussé il va mourir…

Le petit ventre – J’avais déjà un surplus de poids avant de commencer ma grossesse, alors le pe tit ventre a pris du temps avant de pousser. Nous avons commencé à prendre des photos hebdomadaires à partir de la 10ième semaine.

 

Moral – Qu’est-ce qui se passe dans la tête?

Découvrir que l’on attend un bébé – Olivier et moi avions envie d’avoir un bébé, on savait que cette étape pouvait prendre du temps et être difficile. On a voulu commencer en pensant qu’on aurait environ 6 mois devant nous avons de voir la deuxième barre rose sur le test. Première tentative… Deux semaines de retard (oui bon comme je suis de nature stressée, ça m’arrive souvent les retards alors pas de quoi s’exciter). Le samedi j’achète le test, et le dimanche je le fais… Résultat positif! On va être parents! Je n’ai pas réalisé encore…

Annoncer à son patron que l’on doit mettre le doctorat en pause – Il a fallu avertir mon boss de suite, car je suis étudiante au doctorat en chimie. Il m’a formellement recommandé de ne plus remettre un pied dans le labo. Quand il m’a dit que le labo était fini, j’étais sonnée. Tous mes amies chimistes enceintes continuaient le labo…  J’ai  proposé à mon superviseur une réassignation de mes tâches pour que je fasse uniquement de la supervision d’étudiants et de l’écriture. Après mûre réflexion, il aurait été plus sage de ma part de venir le voir dès le début avec d’autres alternatives.

L’inquiétude face à l’incertitude – Le petit test nous permet de savoir que l’on est enceinte, mais le risque de fausses couches est tout de même élevé au début (entre 20 et 25%). Faire des tests tous les jours ne servirait à rien… La seule chose qui permet de confirmer que le bébé est bien là, c’est l’écho de datation à la fin du troisième mois de grossesse (ou entendre son petit coeur à partir de 10 semaines). Pendant ces trois mois, il faut apprendre à vivre avec ce doute permanent sur la présence et la santé du petit foetus dans notre ventre et ça a définitivement été l’étape la plus dure de ma grossesse. Mélangée aux incertitudes face à mon emploi, et le cocktail hormonal j’avais le moral dans le tapis! Je voulais tellement ce bébé…

Mentir à ses proches – Devoir mentir aux proches n’a pas été chose aisée non plus. Je ne voulais pas que les gens sachent, car j’aurais eu du mal à vivre avec le fait que j’ai perdu mon bébé. Après avoir connu cette sorte de pitié mélangée à de la tristesse quand j’ai perdu mon papa, je ne me sentais pas prête à revivre ça auprès de ma famille. Je ne voulais pas leur faire de fausse joie. Des amis nous ont grillé de suite lorsque j’ai demandé à avoir ma viande bien cuite (je la prends toujours saignante…), et puis petit à petit certains ont compris mais nous avons vraiment attendu l’échographie de datation pour être sûrs que tout allait bien avant de le dire à nos parents. Heureusement, personne ne savait dans notre entourage familial que nous essayons de faire un enfant. Nos amis savaient que je ne finirais pas mon doctorat sans avoir de bébé, mais ils ne savaient pas quand non plus. Ça a quand même été la surprise générale autour de nous.

Trouver du réconfort et du soutien nécessaires auprès de mon groupe de mamans secret – Puisque nous avions décidé d’attendre avant de le dire à nos proches, il a fallu trouver un moyen de recevoir du soutien parce que moralement le premier trimestre est difficile à vivre. On est en proie à plein de symptômes étranges, notre corps change, on est submergé par le doute, on a plein de questions! En écoutant les conseils d’une amie, je suis tombée sur un groupe de mamans facebook secret. Mes amies et ma famille ne peuvent pas savoir que je m’y suis inscrite, et de voir que je n’étais pas la seule à vivre ses doutes et incertitudes m’a soulevé un énorme poids de la conscience. Plusieurs diront que ce genre de groupe crée encore plus d’angoisses à cause de tout ce qu’on voit, et des interprétations médicales et conseils potentiels de type doctissimo. C’est comme tout dans la vie, il faut faire le tri entre les bonnes et les mauvaises informations mais moi ça m’a fait bien de pouvoir ventiler et de me faire rassurer par d’autres futures mamans.

Bébé – Se préparer à l’arrivée du bébé

Lire, lire, lire et encore lire! – Au premier trimestre, pour se préparer à l’arrivée du bébé, il n’y a pas grand chose d’autre à faire que de lire pour se renseigner sur les démarches de la grossesse, et les essentiels de bébé. C’est ce que j’ai fais. Je vous conseille d’ailleurs quelques ressources utilisées dans mon premier article sur la grossesse.

Faire une liste des essentiels pour un bébé et établir un budget – Après mes lectures, j’ai pu établir une liste de choses essentielles pour s’occuper d’un bébé, ainsi qu’un budget à peu près réaliste (ok j’avoue j’ai complètement zappé le linge du bébé, et les affaires de maternité…J’avais pas planifié les craquages de slip d’Olivier non plus…).

Garder des souvenirs de la grossesse – On a acheté un journal de grossesse chez un libraire, afin de garder plein de souvenirs de cette incroyable aventure vers notre chemin de parents, et je pense que c’est une bonne chose de garder des souvenirs pour se remémorer ses moments si précieux. Pas obligé d’acheter un journal de grossesse, il y a plein de modèle de choses que l’on peut faire soi-même avec un simple carnet sur pinterest.

Préparer une to-do list de choses à faire pour chaque trimestre! – L’arrivée du bébé se prépare tout doucement à chaque trimestre, et après maintes lectures j’ai essayé d’établir une to-do list qui me permettrait de ne pas faire mes faire-part de naissance au deuxième trimestre, ou encore commencer les cours prénataux au premier trimestre. Je vais dans ma grande bonté, partager ma to-do list avec vous pour chaque trimestre. Il faut savoir que la liste des choses à faire n’a pas vraiment d’ordre précis.

Ma to-do list du premier trimestre de grossesse au Québec

o Trouver un mode de suivi de grossesse (Gynécologue, sage-femme ou médecin de famille?)

o Aller voir un médecin à la clinique : chimie, sport, prescription de vitamines

o Commencer à prendre de Vitamines et acide folique

o Aller chez la dentiste

o Faire attention à avoir une alimentation équilibrée

o Continuer le sport

o Bien dormir

o Faire attention aux médicaments

o Faire attention aux aliments interdits

o Connaître les signes d’un problème pendant la grossesse

o Inscription sur la liste d’attente des garderies

o Assister à un atelier d’information de Rose ou Bleu (Montréal uniquement)

o Faire une liste des essentiels de bébé

o Préparer le budget bébé

o Commencer une liste des prénoms

o Préparer des souvenirs de la grossesse pour le bébé – Photos de la bedaine, récits, …

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Cindy Chou

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